juil 4 Soutien à Confluences, lieu d'engagement menacé

Catégories : Actualités / Financement, politiques culturelles


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COMMUNIQUÉ]

CONFLUENCES, FIN DE PARTIE ?!

« Ami.e.s, artistEs, usager.e.s,

Vous êtes nombreuses et nombreux à nous suivre et à savoir que la situation de Confluences est difficile depuis des années. Nous avons tiré à maintes reprises le signal d’alarme sans jamais trouver de solution pérenne. Aujourd’hui Confluences s’apprête à disparaître, pris en étau entre la menace d’une expulsion et celle d’une liquidation judiciaire.

Cette situation, qui persiste depuis des années, résulte d’un équilibre périlleux entre des subventions insuffisantes et un loyer trop onéreux qui vient grever plus d’un tiers du budget annuel de l’association. Même si nous sommes aidés par la Mairie de Paris (au titre du fonctionnement et de l’aide à émergence), par la Région Île-de-France (au titre de la Permanence Artistique et Culturelle), par la Drac (au titre de la résidence d’artiste),
nous devons nous acquitter chaque année d’un loyer de 102 000 euros à un bailleur privé.

Depuis 2008, nous rencontrons les services de la ville de Paris pour exposer nos difficultés et demander à être relogés, ceux-ci nous ont incités à candidater à 3 reprises pour différents équipements de la ville, sans jamais vraiment accorder d’attention à nos propositions.

En 2014, Confluences a fait l’objet d’un plan de redressement judiciaire, gelant ses dettes pour 12 mois, obtenant des aides exceptionnelles et un plan de continuation sur 10 ans.
Mais l’impossible exercice d’équilibre financier est resté le même, continuant à nous précariser.

Confluences, ce sont 750 m2 : une salle de spectacle de 70 places, 2 salles de répétitions, un espace d’exposition, un hall avec un bar, des bureaux. Ce sont des centaines d’artistes et de compagnies accueillis chaque année. Ce sont 5 salariés, dont 4 CDI, et des intermittents pour un volume d’emploi annuel d’environ 1200 h.

C’est un lieu d’engagement artistique qui oeuvre contre toutes les discriminations, qui défend activement la création indépendante, qui soutient la jeune création notamment avec son festival Péril Jeune fort de 8 éditions et une ouverture à la jeune scène électro.

C’est aussi un positionnement en faveur des réfugiés, avec depuis novembre 2015 l’accueil dans ses locaux de 3 réfugiés syriens (aujourd’hui régularisés), le lancement d’un appel aux lieux culturels d’ouverture aux réfugiés et cette saison un temps fort consacré aux artistes syriens en exil (initiative que nous souhaiterions pérenniser en créant un bureau des artistes en exil…).

C’est encore un espace d’ateliers, de projections, de fêtes, de convivialité, de rencontres, de débats et de réunions où citoyens et associations peuvent se retrouver et où le public se rend de plus en plus nombreux (+ 5 000 spectateurs sur la saison 2015-2016).

Hélas, nous ne sommes pas les seuls, la « cartocrise » francilienne des festivals annulés et des lieux fermés l’a suffisamment montré. L’heure est au démantèlement du service public, à la privation d’expression de la création indépendante, à la disparition des lieux intermédiaires. À ce titre, Confluences fait partie du Réseau Actes If, qui réunit des lieux artistiques et culturels indépendants, pour beaucoup grandement fragilisés.

Nous exigeons aujourd’hui des garanties écrites de la Ville sur ses intentions de nous reloger dans des locaux municipaux et sur le maintien du montant de notre subvention.

Afin de nous soutenir, vous pouvez contacter la Mairie de Paris pour demander notre relogement (voici une lettre type à compléter et éventuellement à enrichir).

Vous pouvez aussi signer la pétition et publier vos messages sur la page Facebook « Confluences, fin de partie ?! » et rejoindre notre Comité de soutien.

Merci pour tout !

Toute l’équipe de Confluences »