nov 3 Nouvelle réglementation en matière de gestion sonore / Décryptage et mobilisations

Catégories : Actualités / Financement, politiques culturelles / Gestion sonore et prévention


Suite à la parution du décret du 7 août 2017 au JO, AGI-SON communique les principaux points qui impacteront le secteur du spectacle vivant.

Ce décret s'applique à tous les lieux diffusant des « bruits » ou sons amplifiés qu’ils soient clos ou ouverts (salles de concert, festivals, cinéma, discothèque, bar, restaurant…).

/// Décryptage (via Agi-Son)

Volet santé

  • Abaissement des niveaux sonores

La limitation passe de 105 dB(A) à 102dB(A) sur 15mn
Le niveau des basses fréquences est désormais limité : 118 dB(C) sur 15 mn
La limitation des niveaux sonores s'étend aux concerts en plein air
Une limitation spécifique est fixée pour les spectacles jeune public (jusqu’à 6 ans révolu) : 94 dB(A) et 104 dB(C).
L'ensemble de ces niveaux sonores sont à respecter en tout endroit accessible au public. 
Quel impact pour les petits lieux de diffusion dont le son de scène « déborde » sur les premiers rangs ?
La limite à 118 dB(C) ne risque t-elle pas de freiner les programmations de certaines esthétiques (Dub, reggae, musiques électroniques, etc...) ?

  • Enregistrement en continu des niveaux en dB(A) et en dB(C) avec conservation de ces enregistrements pendant 6 mois et affichage des niveaux en continu, à la console.
Comme l'avait préconisé AGI-SON, les lieux de -300 places (à l’exception des discothèques) sont exclus de cette obligation. Cependant, AGI-SON n'a pas obtenu la tolérance de + 3dB qui avait été demandée pour ces petits lieux. Étant dans l'obligation de respecter ces mesures, ces lieux ne devront-ils pas finalement s'équiper ?
  • Informer les publics sur les risques auditifs
Le travail de sensibilisation mené depuis 2000 par AGI-SON, ses relais et l'ensemble du secteur des musiques amplifiées est à présent obligatoire. 
  • Mise à disposition gratuite des protections auditives au public
Nous demanderons un point d'éclairage : Est-ce que cela signifie que tout enfant présent dans évènement musical devra être équipé gratuitement d'un casque ?
  • Créer des zones de repos auditifs ou, ménager des périodes de repos 
Temps de pauses au cours desquelles le niveau ne dépasse pas la règle d’égale énergie fondée sur la valeur de 80 dB(A)  équivalents sur 8h. 
Reste à déterminer comment chacun sera en mesure de s'organiser...

Volet environnement

  • Étude d’impact des nuisances sonores (EINS) obligatoire et mise à jour en cas de modification des aménagements des locaux, de modifications des activités, ou du système de sonorisation.
Les contenus précis de l’EINS seront communiqués dans l'Arrêté et, notamment, les différences de traitements espérés entre lieux clos et plein air. Nous vous tiendrons informés.
  • Les lieux clos, ne doivent pas dépasser les valeurs limites de l’émergence spectrale de 3 décibels (125 à 4000 hertz), ni même un dépassement de l’émergence  globale de 3 dB(A).
Limitation qui ne concerne pas le plein air.
 

Co-responsabilité

Pour l’ensemble de ces points, l’exploitant du lieu, le producteur et le diffuseur sont co responsables ; il s’agira donc de définir correctement les responsabilités de chacun dans la  gestion sonore et, donc, la protection de la santé des publics et des riverains. La contractualisation sur ces aspects devient incontournable et sera un sujet d'atelier au sein d'AGI-SON.

 

/// Actualités ets mobilisations

  • Un recours déposé par la CSCAD (Chambre Syndicale des Cabarets Artistiques et Discothèques) pour demander l'annulation du décret auprès du Conseil d’État (arguments avancés : atteinte à la liberté de création artistique et à la liberté du commerce et de l’industrie).
  • Pour accompagner ce recours une tribune de la CSCAD est également sortie le 20 octobre dans Libération / lien
  • Article dans le Nouvel Obs datant du 25 octobre / lien
  • Le tour de France d'Agi-Son : organisation de rencontres sur le nouveau décret, en partenariat avec le CNV et la SACEM.

Ces temps forts consistent à présenter en détail la nouvelle réglementation : niveaux sonores abaissés, limitation des basses fréquences, mise à disposition de protection auditives adaptées pour le public, études d’impacts des nuisances sonores, etc.

Par la même occasion l'association anime des ateliers thématiques pour accompagner la profession dans leur mise en conformité liée à ce décret et pour envisager des solutions sur certains points de blocage concernant les régisseurs, les lieux de - de 300 places, les musiciens et les festivals.

En Île-de-France, nous devrions organiser une journée de ce type d'ici janvier/février 2018.
Si vous souhaitez d'ores et déjà suivre les discussions menées au sein de ces groupes de travail thématiques, rendez-vous ici.